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	<title>Triice, Chroniques d&#039;un vagabond urbain</title>
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		<title>[Préliminaires] Sur le bout de la langue.</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 15:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Triice</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;une de mes premières rencontres concrètes avec le sexe, et je parle de comment marchent les affaires une fois que la dernière chaussette est tombée, fut le porno. Le premier glissage de doigt, le premier choc frontal homme-femme sans vêtement. Je n&rsquo;ai en effet jamais vécu, cet épisode de vie sobrement baptisé &nbsp;&raquo; Papa dans Maman&nbsp;&raquo;, qui, je n&rsquo;en doute pas aurait fait le bonheur de mon psy pour expliquer mes déviances sexuelles. Non, c&rsquo;est dans un bon vieux &laquo;&nbsp;film de boules&nbsp;&raquo; des familles que j&rsquo;ai pu découvrir ces merveilles. Commencer mes études sur le sujet. Pour cela, je serai toujours redevable à mon paternel d&rsquo;avoir gardé ses VHS au même endroit.<span id="more-237"></span></p>
<p>Par la suite, ma curiosité sur le sujet me poussa vers diverses revues qui me permirent d&rsquo;étoffer mes jeunes connaissances. C&rsquo;est probablement au cours d&rsquo;une de mes séances de méditation personnelle que j&rsquo;ai commencé à envisager, de manière machinale au départ, mon propre passage à l&rsquo;acte. J&rsquo;avais à cœur de bien faire, donc, au delà du fait que j&rsquo;essayais de surmonter en parallèle cette peur non formulée d&rsquo;exploser comme un bouchon de champagne après deux allers-retours, je me mis à analyser les éléments qui me permettraient de rentrer dans le &laquo;&nbsp;game&nbsp;&raquo; prêt à faire face à toute éventualité.</p>
<p>J&rsquo;avais déjà pu constater que sauf croissance éclair, mes amantes ne m&rsquo;appelleraient jamais Mandingo, Blackinator ou peu importe le nom de ces noirs équipés d&rsquo;arme de destruction massive entre les cuisses que j&rsquo;avais eu l&rsquo;occasion de voir en action. Ces considérations parmi d&rsquo;autres sur les chemins du plaisir m&rsquo;amenèrent très vite à la notion d&rsquo;orgasme ainsi qu&rsquo;à différents moyens d&rsquo;y parvenir. J&rsquo;en conclus très vite que celui ci restait la meilleure solution pour satisfaire chacune des parties en présence.</p>
<p>Mes infos sur la Femme n&rsquo;étaient pourtant pas rassurantes. Des clitoridiennes, des vaginales. Tout un tas de conneries, et des méandres de complication en perspective. Et le kamasutra! Avec aucune info pratique à l&rsquo;intérieur si ce n&rsquo;est ses positions défiant les lois de la sciatique&#8230; Dans mes recherches, une pratique capta mon attention malgré tout et très vite cela devint évident pour moi. Plutôt que de me creuser la tête, l&rsquo;idéal serait que je la place au bon endroit. Mon salut était là. Dans le cunnilingus.</p>
<p>J&rsquo;ai enfin l&rsquo;occasion d&rsquo;aborder ce sujet qui offre, il faut le dire, beaucoup plus de possibilités de discussion que ne le laisserait supposer son statut de préliminaire. Prenez la sodomie par exemple. Le thème a été sujet à tellement de blagues, tabous et réactions qu&rsquo;il en est devenu <em>casual</em>. Parlez sodomie et vous n&rsquo;obtiendrez guère plus qu&rsquo;un soupir, deux clins d&rsquo;oeil voire quelques gloussements. &laquo;&nbsp;Je fais, je ne fais pas. J&rsquo;aime, je n&rsquo;aime pas. Je m&rsquo;en tape. Ca me dégoute. Oui, mais avec de l&rsquo;huile d&rsquo;olive&nbsp;&raquo;. Dans le meilleur des cas vous en tirerez 10min de palabres mais bon, pas assez de contenu pour une branlette.</p>
<p>Avec le cunni, c&rsquo;est un monde d&rsquo;anecdotes,de notations complexes, de possibilités qui ouvre ses portes, particulièrement lors des échanges avec la gente féminine. Celui-ci lèche comme le chat de la pub Sheba. Celui-là ne sait visiblement pas où se trouve le clitoris. Quant à lui là bas, en fait vaudrait mieux qu&rsquo;il s&rsquo;abstienne tout court de quoique ce soit plutôt que continuer l&rsquo;aberration à laquelle il se livre avec sa langue. Souvent une cochonnerie baveuse, dégueulasse et ridiculement courte, juste dans le but d&rsquo;obtenir une fellation de bon aloi derrière.</p>
<p>Force est de constater le nombre de femmes qui finissent par se convaincre qu&rsquo;elles n&rsquo;aiment pas le cunni, ou que le cunni ne les aime pas, peu importe, je m&rsquo;en tape et le drame reste le même. Après,évidemment, je ne fais pas d&rsquo;amalgame. Certaines n&rsquo;aiment vraiment pas cela ou alors sont trop gênées pour s&rsquo;exposer à cette caresse, mais bon, chacun ses soucis j&rsquo;ai envie de dire et je fais ce que je veux. En revanche, combien de filles en fleur savent qu&rsquo;elles peuvent se faire butiner vingt fois par une abeille différente à chaque tournée et tomber ces vingt fois là sur des abeilles nulles à chier? Combien d&rsquo;entre elles abandonnent l&rsquo;idée même de profiter de cette agréable mise en bouche à cause d&rsquo;un partenaire passif, n&rsquo;ayant ni l&rsquo;idée, ni l&rsquo;intention de procurer quelconque gâterie? Je ne compte pas le nombre d&rsquo;histoires de mecs qui ne le faisaient pas par dégoût (une femme, ça mouille), pour cause de prétendue atteinte à leur virilité (plus facile d&rsquo;y aller dans le coup de rein sauvage que le coup de langue adroit), complexe d&rsquo;infériorité en tout genre (&laquo;&nbsp;Je le fais dans le noir, parce que sinon j&rsquo;ai trop l&rsquo;impression de m&rsquo;abaisser et d&rsquo;être dominé). Qu&rsquo;il est triste de voir une femme renoncer à réclamer son dû alors qu&rsquo;il est si bon parfois de plaquer une tête entre ses cuisses&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_526" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2013/05/Chat-langue.gif"><img class="size-full wp-image-526" alt="Je sais que certaines y verront la technicité d'anciens amants." src="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2013/05/Chat-langue.gif" width="400" height="302" /></a><p class="wp-caption-text">Je sais que certaines y verront le &laquo;&nbsp;savoir-faire&nbsp;&raquo; d&rsquo;anciens amants.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ayant eu la chance d&rsquo;être entouré de pratiquants de l&rsquo;art du Cunni, je m&rsquo;étais toujours dit que nous, je parle des hommes, avions tous assimilé la puissance persuasive que pouvait avoir une langue bien placée. Que nenni. D&rsquo;un point de vue purement stratégique, le cunnilingus c&rsquo;est le putain de cheval de Troie. Parce qu&rsquo;il faut dire qu&rsquo;avec le nombre de bonhommes mous de la mâchoire qui circulent impunément c&rsquo;est tout ceux qui charbonnent qui sont récompensés. Un cunnilingus réussi c&rsquo;est souvent la promesse d&rsquo;une femme chauffée à blanc, qui juste après avoir repris son souffle vous embrassera passionnément. C&rsquo;est souvent l&rsquo;assurance d&rsquo;une tendre reconnaissance pleine de salive pour ceux qui avaient du mal à l&rsquo;obtenir. Donnes et tu recevras, comme disait l&rsquo;autre. Le cunnilingus, c&rsquo;est un peu ce morceau de musique en soirée qui va faire monter la température. Au final les avantages sont pléthores pour un petit moment à négliger sa quine. Et puis sinon, y a le 69, qui tiendra tout le monde occupé.  &lt;3</p>
<p>Quand j&rsquo;ai parlé à des amis de ce billet, beaucoup se sont figurés, principalement des femmes, que j&rsquo;allais me lancer dans un espèce de manuel à la con, un guide façon &laquo;&nbsp;la léchouille pour les nuls&nbsp;&raquo;. Ouais&#8230;Non. Et pourquoi pas un guide photo ou un tutoriel Youtube tant qu&rsquo;à faire? Je peux comprendre qu&rsquo;après avoir subi certaines langues mes potes aient pu chercher un messager. Un porteur de bonne parole. Un Jésus du clito, un Moïse de la grande lèvre. Ce que je ne suis pas. Chaque cunni est un nouveau défi, une remise en question de ce que je sais faire, de ce que je PEUX faire. Tout ce que j&rsquo;ai pu apprendre sur le sujet était sur le terrain, le nez calé contre d&rsquo;un mont de Vénus. Et la seule chose que j&rsquo;ai retenue c&rsquo;est que même à ce moment là, l&rsquo;homme propose et la femme dispose. Son souffle, qui était pourtant calme alors que la voilà haletante. Ses cuisses, d&rsquo;abord ouvertes timidement, maintenant dans une position complètement indécente. Les gémissements. Ses hanches, tout à l&rsquo;heure immobiles, maintenant en train de me donner le rythme. Ses mains, tout à l&rsquo;heure posées sur le lit, maintenant sur ma tête à m&rsquo;indiquer quelle pression exercer.</p>
<p>Si je jette un coup d&rsquo;oeil à ce bon vieux Wikipédia, j&rsquo;ai la définition suivante:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;">Une <b>langue</b> est un système de signes linguistiques, vocaux,  graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus.</p>
</blockquote>
<p>Alors oui, le cunnilingus est un échange, une communication subtile entre Elle et moi. Et pour une fois qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en train de parler, sauf peut être quand j&rsquo;entends &laquo;&nbsp;Lèche moi&nbsp;&raquo; et que je m&rsquo;exécute avec un plaisir certain, ça vaut le coup de l&rsquo;écouter&#8230;</p>
<div dir="ltr" id="imcontent">Se baisser pour s&rsquo;élever. C&rsquo;est à cet instant, où je plaque ma bouche contre un pubis, malgré les mains qui poussent ma tête et les cuisses qui cherchent à m&rsquo;étouffer, malgré les frissons et les hanches arc-boutées de ma partenaire, à cet instant où elle a un orgasme, au milieu de ses gémissements&#8230; C&rsquo;est là que j&rsquo;atteins le 8e ciel.</div>
<div dir="ltr">Je suis conscient que le sujet pourrait être le fruit de thèses et de dissertations, je suis tellement loin d&rsquo;en avoir fait le tour. Des débats dessus j&rsquo;en ai eu. Des échanges. Voilà pourquoi j&rsquo;ai essayé de traiter le point comme il se doit: avec amour, avec ces mots que j&rsquo;ai depuis un moment&#8230; Sur le bout de langue.</div>
<div dir="ltr"></div>
<p>&nbsp;</p>
<div dir="ltr">Triice, pratiquant à la langue bien pendue.</div>
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		<title>[Outrospection] Le dilemme de l&#8217;arrêt de bus.</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 12:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Triice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Outrospection]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai une drôle de manie. Je suis peut être le seul. Peut être pas. Mais bon, j’ai cette manie. J’établis des « théorèmes » pour tout et n’importe quoi. Peut être est ce dû à mon parcours scientifique… Peut être aussi, est ce dû à mon habitude des débats de comptoir sur des sujets à la con avec [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai une drôle de manie. Je suis peut être le seul. Peut être pas. Mais bon, j’ai cette manie. J’établis des « théorèmes » pour tout et n’importe quoi. Peut être est ce dû à mon parcours scientifique… Peut être aussi, est ce dû à mon habitude des débats de comptoir sur des sujets à la con avec des inconnus à barbe portant le nom de Jésus…</p>
<p>Toujours est il que j’ai pris l’habitude d’établir des stats, des comparatifs sur des sujets ne servant strictement à rien comme la fermeté de la fesse d’une femme en levrette, en fonction de son ethnie. Par exemple. Sujet cocasse auquel plus d’hommes que je ne peux le dire ont participé. Vous ne pouvez imaginer à combien de malheureux mecs casés je pourrais créer des problèmes si je révélais les propos de ces types de conversations. Mais je m’égare.</p>
<p>Vous connaissez ce moment où les chemins se séparent. Où il faut faire un choix dans sa vie. Comme celui où vous vous réveillez à côté de la femme avec qui vous avez partagé la nuit, avec une érection pleine de promesse, et que vous hésitez à placer une biffle au réveil, la première de votre jeune relation,  histoire de dire « coucou! », parce que vous savez que si vous le faites, rien ne sera plus comme avant. Je connais cet instant sous le nom du « dilemme de l’arrêt de bus ».</p>
<p>Comme toujours, derrière toute théorie avec un nom à la con se cache une anecdote.</p>
<p>Pressé une fois de plus, je m’étais démené pour me pointer à mon arrêt de bus dans les temps. Je fais en effet partie de ces emmerdeurs  qui s’entêtent à ne pas posséder le permis. Et que vous retrouvez généralement à dormir à l’arrière de votre voiture sans vergogne après une bonne soirée. J’étais donc en train d’attendre ce putain de bus qui avait maintenant 5 min de retard et commençait à devenir problématique.</p>
<p>Généralement dans cette situation il existe deux possibilités.</p>
<p>La première, quand on constate que le bus n’est toujours pas arrivé, probablement juste pour le plaisir de nous emmerder, consiste à envisager la marche à pied qui parait encore raisonnable pour être à l’heure. Le risque, réel, serait de voir le bus débarquer à un moment où il est trop tard pour revenir sur ses pas et le voir nous dépasser tranquillement. Ce gros bâtard.</p>
<p>La seconde possibilité serait d’attendre le bus. Qu’il arrive dans la minute et clôture ainsi ce moment gênant ou alors qu’il soit bel et bien en retard, voire supprimé et que l’on se dise alors qu’on a été bien con de l’attendre. Ce gros bâtard.</p>
<p>J’ai donc souvent eu l’occasion de me confronter à ces deux choix que j’effectuais en fonction de différents facteurs: fatigue, météo, envie de pisser… Généralement je faisais mauvaise pioche. Et c’est en marchant d’un pas rageur que j’ai réalisé que cette situation s’appliquait à bien des domaines de ma vie. Ces carrefours où vous avez l’impression que peu importe où vous allez aller, ça va être la merde.</p>
<p>Je trouve, par exemple, que le dilemme de l’arrêt de bus s’applique particulièrement aux vies professionnelles et sentimentales.</p>
<p>Toutes ces fois où on a rêvé de se barrer. Jeter le tablier. Bras d’honneur. Au revoir Président. Columbine. La totale.</p>
<p>Alors quoi faire?</p>
<p>Me barrer, le regard fier, farouche, confiant en mon avenir sans toucher le chômage parce que j’aurai démissionné et me dire qu’en fait c’était pas franchement malin de faire le super guerrier parce que maintenant les entretiens s’enchaînent, se ressemblent et ne concluent pas?</p>
<p>Je pourrais également rester, attendre cette promotion, cette augmentation qui ne viendra jamais… J’avais déjà exprimé ce que j’en pense <a title="[Ego-Strip]Que veux tu faire quand tu seras plus grand? Des thunes." href="http://www.triice.fr/blog/ego-stripque-veux-tu-faire-quand-tu-seras-plus-grand-des-thunes/" target="_blank">précédemment</a>. Encore une impasse. Encore et toujours cette sensation pesante de participer à un acte sexuel où je ne serais pas consentant, luttant contre cette envie de me retourner avec ce regard de bête traquée qu’ont toutes ces connasses qui passent leur temps à mourir dans les 5 premières minutes d’un slasher movie.</p>
<p>Dilemme de l’arrêt de bus.</p>
<div id="attachment_476" class="wp-caption aligncenter" style="width: 402px"><a href="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2013/03/Electra__Scary__001.gif"><img class="size-full wp-image-476" title="Electra__Scary__001" src="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2013/03/Electra__Scary__001.gif" alt="" width="392" height="431" /></a><p class="wp-caption-text">Ca, c&rsquo;est moi. Après mon dernier entretien annuel.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y  a aussi le champ sentimental, il prend de la place donc, forcément, les possibilités sont nombreuses.</p>
<p>Combien d’entre vous se sont retrouvés en couple, dans cet instant dramatique où il va falloir prendre une décision.</p>
<p>Après tout ce temps, allez vous décider à repartir pour la prochaine quête? Laisser le confort d’une vie que vous connaissiez, que vous aimiez et à laquelle vous vous étiez habitué pour vous plongez dans l’inconnu? Repartir sur les voies du célibat. Retourner dans cet atmosphère de marivaudage. Le jeu de l’amour et du hasard ça va cinq minutes mais bon, le livre faisait 100 pages, on va pas se taper éternellement ces conneries. Mais ça, c’est si vous décidez de quitter la station. De partir à pied, au détour des rues, quitte à tomber sur des impasses. Quitte à voir le bus passer derrière vous…</p>
<p>Vous pouvez aussi décider de rester. Et, peut être, de vous rendre compte que tout pressé que vous étiez, vous avez pris le mauvais bus, mauvaise station à l’arrivée. On descend, on repart en arrière et on recommence. Vous pouvez également vous retrouver à constater que ce bus que vous attendiez n’est finalement pas arrivé et vous voilà en retard. L’heure tourne, la ménopause guette. Au final, on ne peut vraiment pas compter sur ces saloperies de transports.</p>
<p>Dilemme de l’arrêt de bus.</p>
<p>Evidemment comme je l’ai dit, je marchais d’un pas rageur. Je n’oublie pas toutes ces fois où mon bus est bien arrivé. Où le train était à l’heure. Je n’oublie pas tous ces moments où j’ai décidé d’y aller à pied. Et que la balade était belle. Beau soleil, bonne humeur. Je n’oublie pas tout ça.</p>
<p>C’est donc pendant que je marchais, que j’ai abouti à la conclusion que le « dilemme de l’arrêt de bus » ne représentait en fait rien de plus que tous ces bouts de vie par lesquels nous passons, ces choix perpétuels qui ne s’arrêteront qu’à l’heure où nous choisirons la maison de retraite ou l’euthanasie. C’est pendant que je marchais, de ce pas rageur, que je me suis dit surtout, qu’il fallait que j’arrête de réfléchir à des conneries quand je suis en retard et que j’attends le bus.</p>
<p>&nbsp;<br />
Triice, probablement en train de marcher à la prochaine station.</p>
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		<title>[Outrospection] Il faudrait.</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Nov 2012 23:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Triice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ego-Strip]]></category>
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		<description><![CDATA[Au pays des feignasses le procrastinateur est roi. Sceptre à la main, je me pavane. Ce n&#8217;est pas faute de ne pas m&#8217;être trouvé des excuses. Le taf, les taffes. La cuite de la veille, la biture du lendemain. J&#8217;ai même réussi à me persuader plusieurs fois être occupé quand je regardais juste le temps [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au pays des feignasses le procrastinateur est roi.<br />
Sceptre à la main, je me pavane.<br />
Ce n&rsquo;est pas faute de ne pas m&rsquo;être trouvé des excuses. Le taf, les taffes. La cuite de la veille, la biture du lendemain. J&rsquo;ai même réussi à me persuader plusieurs fois être occupé quand je regardais juste le temps passer, mes testicules battant la mesure tels une version revisitée du pendule de Newton.<span id="more-241"></span></p>
<p>Avec le temps qui passe, un certain rythme s&rsquo;installe dans nos vies. Du lever au coucher, nous nous tenons occupé, entre les amis, compagnons de galère et produits d&rsquo;un écrémage subtil effectué au cours des années, et nos vies sentimentales qui, quelles que soient leurs formes, occupent souvent une part non négligeable de nos emplois du temps. Temps à accorder à l&rsquo;autre. Temps consacré à le chercher, dans un bar ou  derrière un écran (présence de mouchoirs facultative). Tant de priorités, plus ou moins importantes, destinées à maintenir cette impression de perpétuel mouvement.</p>
<p>Au milieu de ces activités diverses et variées, je mène donc ma petite vie faussement bordélique tout en me listant mentalement toutes ces petites choses qui, chaque fois qu&rsquo;elles me reviennent en tête, me font m&rsquo;exclamer &laquo;&nbsp;Putain, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il faudrait que je le fasse!&nbsp;&raquo;. Malheureusement l&rsquo;emploi du conditionnel est rarement de bon augure quand il intervient dans le cadre d&rsquo;un projet, ou d&rsquo;une conversation de couple.</p>
<p>J&rsquo;en suis venu à voir d&rsquo;un mauvais oeil ces phrases parasites ayant en commun ce parfum d&rsquo;éphémère et commençant toutes par &laquo;&nbsp;il faudrait&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;- Ca fait longtemps qu&rsquo;on ne s&rsquo;est pas fait une bouffe? Quand est ce que tu passes prendre un verre?</p>
<p>- Ah, ben il faudrait qu&rsquo;on s&rsquo;organise ça&#8230; Même si ces temps ci avec la naissance de la nièce de mon voisin j&rsquo;ai été assez débordé et puis y a ces trucs sur lesquels je travaille qui me prennent du temps&#8230;</p>
<p>- &#8230;</p>
<p>- Tu sais quoi? Je t&rsquo;appelle demain, sans faute!&nbsp;&raquo;</p>
<div id="attachment_368" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2012/10/Cool-Story-Bro.jpg"><img class="size-medium wp-image-368" title="Cool Story Bro" src="http://www.triice.fr/blog/wp-content/uploads/2012/10/Cool-Story-Bro-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Leçon de vie: Prendre une quenelle avec le sourire</p></div>
<p>C&rsquo;est a peu près la dernière phrase que j&rsquo;ai balancée à une centaine de contacts présents dans mon smartphone. Je ne les efface pas, histoire de voir un nom s&rsquo;afficher, un jour que quelqu&rsquo;un composerait mon numéro sur un malentendu&#8230; Tout en sachant je ne les rappellerai probablement jamais. Pourquoi? Tout simplement parce qu&rsquo;après m&rsquo;être répété 4 fois par an qu&rsquo;il faudrait vraiment que j&rsquo;appelle untel ou untel, 4 ans sont déjà passés et que je n&rsquo;ai plus rien à raconter!</p>
<p>Ne me demande jamais un service au conditionnel, l&rsquo;ami, parce que j&rsquo;aurai probablement oublié ta demande en sortant du bar.</p>
<p>Avec le &laquo;&nbsp;Il faudrait&nbsp;&raquo; rien ne se fige, rien ne se fait. Combien de projets ne seront jamais rien d&rsquo;autre que des brainstormings aux relents de bières et de cocktails? Combien de résolutions de prendre des résolutions? Un petit paquet, sinon je n&rsquo;aurais pas regardé la fonte inexorable de mes abdos en un amas de tissus adipeux aussi longtemps avant de reprendre le sport.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il faudrait&nbsp;&raquo;, épitaphe des actions de gloire que nous ne ferons jamais. Voyages échoués sur la page des réservations, délires qui ne resteront que ceux de leurs auteurs. Plus qu&rsquo;une expression de nos désirs, &laquo;&nbsp;il faudrait&nbsp;&raquo; représente le sésame de notre catalogue des plans qu&rsquo;on met au placard sans se l&rsquo;avouer.</p>
<p>La to-do list de mes envies est longue. Et le temps que je réunisse tous les critères pour en assouvir une, une dizaine d&rsquo;autres, certaines à la pertinence, ou à la respectabilité plus que modérée, s&rsquo;ajoutent à la liste.</p>
<p>Combien de pays avec ou sans amis pour m&rsquo;héberger semblent attendre ma visite? J&rsquo;ai la tête pleine de lieux où il faudrait que j&rsquo;aille. A Cuba, déambuler dans les rues dans un délire pantalon blanc, chemise en lin, cigare et chapeau sur la tête ( j&rsquo;ai déjà l&rsquo;image en tête!) ou encore partir au pays originel des Roms pour leur dire que non franchement, c&rsquo;est pas cool de foutre leurs doigts dans mon cornet de frites au Mcdo quand ils me grattent un nugget.</p>
<p>Combien de concerts auxquels je n&rsquo;assisterai jamais malgré le fait de me répéter qu&rsquo;il faudrait que j&rsquo;aille voir tel ou tel groupe en concert? Comme souvent, le temps que je me décide, ils se seront séparés ou seront trop vieux, ou trop morts pour se produire sur scène.</p>
<p>Combien de fois passées à me répéter qu&rsquo;il faudrait que j&rsquo;arrête de m&rsquo;endormir n&rsquo;importe où tout en ouvrant les yeux sur la vision d&rsquo;une gare inconnue? Généralement un terminus. Evidemment dans le dernier train&#8230;</p>
<p>Combien de femmes et d&rsquo;hommes enfin, dans un esprit de saine curiosité, se sont dit qu&rsquo;il faudrait qu&rsquo;ils s&rsquo;essaient à la sodomie? Une descente d&rsquo;organes plus tard et &laquo;&nbsp;PAF!&nbsp;&raquo;, ce rêve n&rsquo;est plus réalisable.</p>
<p>Malheureusement le temps passe vite. Et ce qui pouvait être intéressant de faire la veille ne le sera peut-être plus le lendemain. Ce numéro à rappeler aujourd&rsquo;hui ne sera peut être plus attribué d&rsquo;ici quelques jours.</p>
<p>Je suis pétri de bonne volonté mais il y a tant à faire. Pour les cas courants: bosser, payer, gérer tous ces imprévus du quotidien. Pour le reste il y a sortir, causer, découvrir, s&rsquo;amuser, profiter, glander.<br />
Puis le sexe aussi.<br />
Et les galères.<br />
De thune, de coeur. Les amis, qu&rsquo;on devait rappeler et qu&rsquo;on a perdu de vue. Les gens qu&rsquo;on aime qui disparaissent avant avoir eu le temps de les voir alors qu&rsquo;on s&rsquo;était appelé il y a pas si longtemps, on s&rsquo;était dit que c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on abusait, depuis le temps, et qu&rsquo;il faudrait vraiment qu&rsquo;on se voie.</p>
<p>Les rendez vous manqués qui jalonnent une vie.</p>
<p>Alors, non, il n&rsquo;y a aucune révolution dans ma découverte personnelle de la véritable fonction cachée de l&rsquo;anodin &laquo;&nbsp;il faudrait&nbsp;&raquo;. Mais bon. Cela faisait des mois que je n&rsquo;avais pas écrit en me répétant à intervalle régulier qu&rsquo;il faudrait que je le fasse. On laisse facilement le temps passer sans que celui-ci ne s&rsquo;en offusque, il sait que quand il est là il n&rsquo;est pas tout le temps apprécié à sa juste valeur. Alors avant d&rsquo;encore le remettre à plus tard je me suis dit qu&rsquo;il fallait que je vous en parle, que je vous avertisse de vous méfier de ce putain de &laquo;&nbsp;il faudrait&nbsp;&raquo;. Demain semble tout le temps loin jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il devienne hier. Et je me dis que ça, faudrait s&rsquo;en rappeler.</p>
<p>Il faudrait.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Triice, procrastinateur, mais je me soigne.</p>
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