[Ego-Strip]Que veux tu faire quand tu seras plus grand? Des thunes.

Il faut que je regarde mon dos. Quelqu’un a du y coller une pancarte « J’adore me faire sodomiser » au moment où j’ai rédigé mon CV.J’ai fait plusieurs années d’étude. C’était mon choix. Quelque chose qui aujourd’hui pourrait faire croire que je  fais partie des « élites intellectuelles » de France… Ouais, ça fait peur. A l’heure actuelle je regarde sur Google si le marché des armes sur le territoire hexagonal ne connaîtrait pas un essor bienvenu (pour moi) et soudain.Pour quoi faire? J’hésite encore sur les cibles. Elles ne manquent pas.

Je vois venir la question de loin, pour l’avoir souvent entendu: Mais pourquoi avoir choisi cette voie si elle ne me plait pas?

Parce que j’en avais les moyens. Certains, après avoir lu mes précédents articles pensent déjà que je suis alcoolique. Rajoutez donc « prétentieux » à la liste.

Je n’ai pas grandi avec des rêves comme « je veux être pompier » ou « Quand je serai grand je serai pédophile comme Papa! ».

Je voulais faire des thunes.

Je m’explique. Je n’ai jamais vu le fait de travailler comme un accomplissement personnel ou une réalisation et expression de mon moi profond. Ma mère a fait un métier qu’elle aimait et pourtant cela ne m’empêche pas d’avoir la tête pleine de souvenirs d’elle où elle rentrait fatiguée, épuisée. Sur les nerfs.

Du coup, ma vision des choses a toujours été de trouver un emploi fortement rémunéré pour gagner le plus possible en en foutant le moins possible.
J’ai poussé les études afin d’atteindre ce but. J’ai pas poussé assez, maintenant je le sais, j’aurais du devenir politicien.

Quelques années que je bosse, quelques années que j’avale des couleuvres de la taille de l’instrument de travail de Siffredi. Et ça c’est côté face. Je pense, côté pile qu’il faut que je me fasse une raison. Je n’échapperai pas aux hémorroïdes.

Des augmentations inexistantes qu’on te donne comme si t’avais gagné au loto (« Vous connaissez les conjonctures actuelles M. Triice. Franchement, 0.02% c’est une belle augmentation!)

Un boulot qu’on te vend comme si tu venais de dénicher un poste de haut fonctionnaire ( » Vous allez rencontrer pleins de gens, un métier de contacts, avec un fort aspect financier! Vous allez voir, caissier c’est super! »)

Alors tout ça pour quoi?
Nourrir les vieux avec mes cotisations sociales? Ne me dites pas que ce sera pareil pour moi; la nouvelle génération me fait peur, si il faut compter sur ces lumières je n’ai plus qu’à commencer mes réserves en boites de conserve. Et puis Roland Emmerich l’a dit: la fin du monde, c’est pour 2012.

Je suis mal barré, des pré-retraités ont déjà  annoncé que je ne faisais que commencer à payer pour eux et que j’avais encore pleins d’années pour m’amuser…Wouhou.

A l’école on vous vend du rêve. Aux « cancres » (on se comprend) on vend un BEP ou un CAP, qui à mon sens contiennent des métiers porteurs et pour passionnés. Aux autres, le bonheur des grandes études, la gloire et la suprématie de l’intellect… Aux chiottes l’intellect! Je suis prêt à chanter de la gelée pour jeune adolescent influençable si ça me permet d’engranger un max de sous. Mais ça « il y’a qu’à toi qu’on ne l’a pas dit ».

Tous les matins je me lève pour aller bosser et constate qu’il reste encore bien trop de journées. Bien trop d’années.

Je ne dis pas que je cautionne mais parfois, je regarde avec envie ce beau boulot de chômeur pro.

Triice, en manque de préparation H.

10 Réponses to “[Ego-Strip]Que veux tu faire quand tu seras plus grand? Des thunes.”

  1. Magnus 7 février 2011 at 23 h 27 min #

    Of course, je n’aime pas, je valide !!!
    Si vrai, si légèrement exposé, et pourtant si profondément vrai !!!
    La condition de travail des « élites »… Un vaste sujet de grande désillusion que tu illustres si bien !

  2. Thomas 7 février 2011 at 23 h 38 min #

    On en a suffisamment parlé pour que tu saches que je suis d’accord avec toi (d’ailleurs une fois de plus le titre ressemble à des phrases que je t’ai dites !).

    Pour tout les ouvriers du clavier de France : il est temps de se bouger !

  3. Ledock 8 février 2011 at 0 h 49 min #

    « La richesse est dans nos coeurs, mon cul moi je veux de l’oseille » – Booba

    Ton titre ma tout de suite évoqué cette sérieuse phrase.

    Un article malheureusement plein de vérités.

  4. Lynn 8 février 2011 at 10 h 40 min #

    Comme tu l’as dit toi-même : « un missile qui va droit dans le mille ». J’aime vraiment beaucoup cet article.

  5. Freddy 8 février 2011 at 12 h 12 min #

    Quelques sourires pleins de vécu ont ponctués ma lecture de cet article plein de vérités.
    Je me demande souvent pourquoi est ce que l’on se prend la tête à faire des études avancé si ce n’est que pour utilisé une infime partie de nos capacités dans le cadre de notre travail ?
    Pourquoi on nous vend un statut social où l’on est censé être à l’aise et quand on y est… ben en fait… euh… c’est pas terrible ?
    Bref autant de questions que beaucoup de personnes répondent en se résignant à se dire que c’est comme cela et que l’on ne peut rien y faire !
    C’est simple si tu veux je cite « faire des thunes » je pense qu’il faut sortir des sentiers battus, créer son propre style et ne pas écouter notre environnement qui est assez pessimiste.

  6. Khadra 18 mars 2011 at 11 h 17 min #

    Comme dirait ton « âme sœur incestueuse » , je valide la véracité de dans ton analyse sur ce sujet, car je constate aujourd’hui avec mépris que j’ai toujours la pancarte dans le dos encore plus grande et en fluo (je vous prie)… grrr ! Freddy ! j’ai pourtant bien essayé de prendre les sentiers battus … que nenni … les politiciens nous maintiennent la tête et le corps en révérence …

  7. Prince'ss 6 avril 2011 at 20 h 53 min #

    Mes parents ont vu mes grands parents se casser le cul toute leur vie à l’usine (à la limite de rentrer le soir avec des tocs) ils se sont dit nan nan c’est pas pour nous vive le travail intellectuel c’est ça qu’il nous faut…j’ai vu mes parents rentrer le soir avec des chefs qui leur casse les couilles (à la limite de rentrer le soir avec une dépression) je me suis dit laisse moi faire un métier où j’ai la possibilité si je le souhaite de me mettre à mon compte pour ne me casser ni le cul ni les couilles…mes enfants (inchallah j’en ai) vous diront plus tard quel nouvel organe du corps est en péril pour la troisième génération…

  8. Kaeso 30 mai 2011 at 11 h 26 min #

    Je reste d’accord avec toi sur le fond, mais j’aimerais me permettre une remarque personnelle. Ne serait-ce pas l’idéologie du « toujours plus » qui rend nos existences, même partiellement « réussies » (Yo les mecs, je crois qu’il y a pire qu’ingénieurs informatiques comme taffe dans la vie), parfois aussi « insipide »?
    Je ne remets pas en cause la volonté de faire du biffe, parce que le jour où, par je ne sais quels moyens, mes poches seront pleines à me torcher aux billets de 500, je ne bouderai pas cette situation. Mais, par expérience, j’ai plus souvent l’impression que l’argent nous enferme plutôt qu’il nous libère de nos besoins. Plus on peut en avoir, plus on en veut, et notre époque ne lésine pas sur le titillage de nos envies dépensières.

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